
Nous présentons ci-dessous un document publié par l'I.R.S.H., Niamey (adresse postale, B.P. 318, Niamey, Niger). Ce document nous a été communiqué par M. Ayman Fadel.
Les disciplines traitées sont: l'histoire (ta'rikh) en particulier celle de l'époque précoloniale, la théologie musulmane (tawhid), l'astrologie ('ilm al-falak), la littérature arabe (al-adab al-'arabi) la poésie religieuse en langues africaines et arabe (unshuda diniyya), des traités en sciences occultes (sirr), la dissertation en droit (tahrir fi 'l-fiqh), la mystique musulmane (tasawwuf), la médecine locale (al-tibb al-mahalli), la pharmacopée (saydala), des traités politiques (siyasa), des notices biographiques sur des personnalités politiques et religieuses.
Nombreux sont les manuscrits généraux qui traitent des thèmes très divers, ce qui rend difficile leur classification thématique. Il en existe aussi qui ont été composés à partir de matériaux tirés de la tradition orale ce qui leur donne une valeur historique. Les auteurs ont entendu narrer des événements du passé, qu'ils se sont efforcés de fixer par écrit. Ils parcourent souvent des régions à la recherche de traditions et durant de longues années, ce qui parfois leur permet d'apprendre plusieurs langues en plus de la langue maternelle et de l'arabe.
En 1970, une liste de manuscrits dressée par les soins de Boubou Hama indique que 428 manuscrits arabes et ajamis étaient disponibles à sa bibliothèque personnelle, 16 sont en ajami (haoussa et fulfuldé). Ils ont été achetés, légués ou reprographiés et proviennent de l'intérieur du Niger ou du Nigeria. Les provenances diverses nous donnent une idée de la répartition géographique de cet enracinement de l'écriture arabe dans les régions. On peut cependant regretter le manque de datation. Ce rapport note un résumé analytique de 41 manuscrits et une traduction annotée de 21 autres.
Après le coup d'état militaire d'avril 1974, les manuscrits sont restés à l'Assemblée Nationale, avant d'être transférés dans les locaux actuels de l'Institut de Recherches en Sciences Humaines. Depuis, l'état consacre, dans le cadre des subventions accordées à l'Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey, des sommes annuellement affectées pour la poursuite des acquisitions et pour la conservation. L'UNESCO, de son côté, a apporté son soutien financier et cela durant plusieurs années. Il est aussi souhaitable que des institutions internationales comme l'O.C.I., à travers ses différentes institutions, ou des associations islamiques de bienfaisance en fassent de même.
A la différence de la liste de 1970 qui donne des informations précises mais brèves sur chaque manuscrit cité et une traduction de quelques chroniques, celle de 1979 composée en arabe ne comporte ni introduction, ni détails, et de ce fait elle est peu utilisable. Le dernier manuscrit enregistré porte le numéro 1551, ce qui est considérable. Ce progrès dans le domaine des acquisitions traduit les efforts déployés et les moyens mis à la disposition du département par l'état et les différents partenaires.
Plusieurs chercheurs nationaux et étrangers ont contribué à la gestion du dépôt des manuscrits, certains ont encouragé des traductions de traités représentatifs, d'autres ont mené une campagne d'acquisition et de conservation, d'autres encore ont privilegié la reprographie et le microfilmage. Cependant, faute de moyens, le département n'a pas pu dresser de listes analytiques qui auraient permis de faire mieux connaître au monde scientifique intérieur et extérieur ces documents originaux inestimables.
La dernière liste date de septembre 1985. Elle a été dressé à la demande de l'UNESCO et se termine par un chiffre rond de 3000. Les détails qu'elle comporte démontrent un progrès relatif dans le domaine de la présentation.
Pour conclure ce tour d'horizon sur les acquisitions, on peut noter qu'entre 1970 et 1979, il y a eu près de 2000 nouveaux manuscrits enregistrés et qu'entre 1979 et 1985 le département des manuscrits arabes et ajamis s'est doté de près de 1500 autres manuscrits. Depuis 1985, il n'y a pas eu de liste officiellement établie. Néanmoins, les acquisitions continuent et une liste provisoire est en voie d'être dressée. Beaucoup d'autres manuscrits sont encore en instance d'être enregistrés.
Quant à la graphie, nous en distinguons deux genres: celle dite maghrébine (al-khatt al-maghribi) et celle dénommée coufique (al-khatt al-kufi).
Le personnel est composé de deux chercheurs dont un titulaire d'un doctorat nouveau régime (Paris-Sorbonne) en service depuis novembre 1995, et un encore en position de stage pour finaliser son doctorat Ph.D. (Sokoto, Nigeria), une collaboratrice technique de niveau Bac et d'une secrétaire-dactylographe de niveau BEPC. Il est à remarquer qu'aucun membre de l'équipe n'a bénéficié d'une formation ou d'un stage technique dans le domaine des manuscrits, ce qui explique en partie les insuffisances constatées dans les catalogues précités.
© The author and Sudanic Africa. Archived 29.7.97